Comprendre sans Diviser - Étude : Le Jeûne et la Prière (08/08/2026)

LOGO ETUDE.jpgPréambule :  Je ne suis ni pasteur, ni enseignant et ne représente aucun courant. Je n’ai aucune prétention, si ce n’est celle de me poser des questions sincères, utiles à la compréhension de la Bible et à une juste perception de Dieu.
Cette étude, réflexion — comme celles qui suivront — est née de ces interrogations profondes. Grâce aux ressources disponibles aujourd’hui, et notamment à l’aide précieuse d’Internet, il est possible de rechercher, confronter, et gagner un temps précieux dans l’exploration des Écritures. Bien entendu, tout cela reste soumis à l’autorité de la Parole de Dieu, et je vous invite à tout vérifier par vous-mêmes, avec sérieux et prière.
 
Étude biblique — Version synthétique et documentée
 Cette étude/réflexion vise à éclairer  sur la vie de Jésus et son enseignement  à partir des Écritures seules, en respectant la pensée hébraïque et les textes originaux. L’objectif : comprendre sans diviser, en restant fidèles à Dieu, à sa Parole et à sa révélation.
On va aborder le sujet du Jeûne et la prière  à la demande d’une sœur, sujet préoccupant spirituellement mais pas salutaire !!!!.

 

INTRODUCTION

Le Jeûne dans le Nouveau Testament : Une Connexion Profonde

Dans le Nouveau Testament, le jeûne n'est pas une simple obligation légaliste ou une démonstration de piété extérieure. C'est une discipline spirituelle du cœur qui vise à réaligner nos priorités sur l'essentiel : Dieu.
L'exemple de Jésus : Avant de commencer son ministère public, Jésus a jeûné quarante jours dans le désert, montrant que le jeûne est une préparation essentielle face aux défis et aux tentations.
Une posture du cœur : Jésus insiste sur la discrétion. Le jeûne doit être vécu dans l'intimité avec le Père, et non pour s'attirer les louanges des hommes.
Une arme spirituelle : Dans l'Église primitive, le jeûne accompagnait souvent la prière fervente lors des moments décisifs, comme l'envoi en mission de Paul et Barnabas ou la nomination des responsables (Actes 13:3 (Louis Segond) « Alors, après avoir jeûné et prié, ils leur imposèrent les mains, et les laissèrent partir. »
il permet de faire taire les distractions de la chair pour mieux écouter la voix de l'Esprit Saint.
 Le Verset Clé
 « Quand vous jeûnez, ne prenez pas un air triste, comme les hypocrites... Mais quand tu jeûnes, parfume ta tête et lave ton visage, afin de ne pas montrer aux hommes que tu jeûnes, mais à ton Père qui est là dans le lieu secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. » — Matthieu 6:16-18
L’ANCIEN TESTAMENT
Le jeûne est une pratique très fréquente et hautement symbolique dans l'Ancien Testament. Il n'est pas seulement vu comme une privation de nourriture, mais comme une démarche spirituelle intense.
Dans le texte biblique, le jeûne est presque toujours lié à une attitude de recherche de Dieu, d'humilité, de deuil ou de repentir face à une crise.
Voici les principales raisons pour lesquelles on jeûnait dans l'Ancien Testament :

1  - Le grand jeûne rituel : Le Jour du Grand Pardon (Yom Kippour)

C'est le seul jeûne expressément commandé par la Loi de Moïse. Le texte utilise l'expression « humilier vos âmes », que la tradition juive traduit par l'abstention de nourriture et de boisson.

« C'est pour vous une loi perpétuelle : au septième mois, le dixième jour du mois, vous humilierez vos âmes, vous ne ferez aucun ouvrage... » (Lévitique 16, 29) ( En 2026, il commence au coucher du soleil du 20 septembre et se termine au coucher du soleil du 21 septembre.)
Pourquoi le septième mois ?
Le chiffre 7 est le nombre qui représente très souvent la plénitude, l'achèvement ou le repos dans la Bible.
Quelques exemples :
Dieu crée le monde en six jours et se repose le septième (Genèse 2).
§ Le septième jour est le sabbat.
§ La septième année est une année de repos pour la terre.
Après sept fois sept ans vient le Jubilé.
Le septième mois (Tishri) est donc un mois particulièrement saint. Il contient plusieurs fêtes importantes :
§ le 1er jour : la fête des Trompettes (Roch Hachana),
§ le 10e jour : Yom Kippour (Jour des Expiations),
§ du 15e au 21e jour : la fête des Tabernacles (Soukkot).
On peut voir une progression :
les trompettes appellent le peuple à se préparer,
dix jours plus tard vient la repentance et l'expiation,
puis le peuple célèbre la joie d'habiter avec Dieu.
Pourquoi le dixième jour ?
Le chiffre 10 évoque souvent la complétude ou la responsabilité humaine.
Par exemple :
les Dix Commandements résument la loi morale.
Les dix plaies d'Égypte marquent un jugement complet.
Dans plusieurs paraboles, le nombre dix représente un ensemble complet (les dix vierges, les dix pièces d'argent).
Pour Yom Kippour, le dixième jour n'est probablement pas choisi au hasard. Il laisse aussi neuf jours après la fête des Trompettes pour que le peuple examine sa vie avant le grand jour du pardon. Dans la tradition juive, cette période est appelée les Dix Jours de Repentance.
Un détail intéressant
Dans Exode 12:3, Dieu demande que l'agneau de la Pâque soit choisi le dixième jour du premier mois, puis sacrifié le quatorzième.
Il est intéressant de comparer :
- 10 Nisan : l'agneau est mis à part pour le sacrifice.
- 10 Tishri : le grand prêtre offre les sacrifices pour l'expiation des péchés du peuple.
Les deux événements sont liés au thème de l'expiation, même s'ils correspondent à deux fêtes différentes.
D'un point de vue chrétien
Beaucoup de chrétiens voient dans ces dates une préfiguration de Jésus :
- la Pâque annonce son sacrifice comme l'Agneau de Dieu
- le Jour des Expiations annonce son œuvre de médiateur et de grand prêtre, comme l'explique en particulier la lettre aux Hébreux.
Ainsi, le septième mois souligne l'idée d'un accomplissement du plan de Dieu, et le dixième jour met en avant le moment fixé pour une réconciliation complète entre Dieu et son peuple. Dans la pensée biblique, ces nombres ne sont pas simplement chronologiques : ils portent une forte portée théologique et symbolique.
2 Le jeûne de repentance et de deuil
Face à un malheur, un péché ou une menace nationale, le peuple ou les dirigeants se tournaient vers Dieu en jeûnant pour demander sa miséricorde.
Le roi David : Il jeûne et passe la nuit prostré à terre pour implorer la guérison de son fils malade (2 Samuel 12, 16).
La ville de Ninive : Lorsque le prophète Jonas annonce la destruction de la ville, le roi et tous les habitants proclament un jeûne absolu (même pour les animaux !) en signe de regret de leurs mauvaises actions. Face à cela, Dieu pardonne (Jonas 3, 5-10).
3 Le jeûne de préparation spirituelle
Jeûner permettait de purifier son esprit avant de rencontrer Dieu ou d'accomplir une mission cruciale.
- Moïse : Il passe 40 jours et 40 nuits sans manger ni boire sur le mont Sinaï avant de recevoir les Tables de la Loi (Exode 34, 28).
- Néhémie et Esdras : Ils proclament des jeûnes pour demander la protection de Dieu avant d'entreprendre des voyages dangereux ou de reconstruire Jérusalem (Esdras 8, 21).
La critique du « faux jeûne » par les prophètes
Un aspect très important de l'Ancien Testament est la dénonciation des jeûnes purement hypocrites. Le prophète Ésaïe (Isaïe) rappelle que se priver de pain ne sert à rien si l'on continue d'agir injustement envers les autres.
« Voici le jeûne auquel je prends plaisir : détache les chaînes de la méchanceté, dénoue les liens de la servitude, renvoie libres les opprimés... Partage ton pain avec celui qui a faim, et fais entrer dans ta maison les malheureux sans asile... » (Ésaïe 58, 6-7)
La transition entre l'Ancien et le Nouveau Testament apporte un changement de perspective profond sur le jeûne. Si la pratique physique reste la même (l'abstention de nourriture), le sens, la motivation et l'esprit du jeûne sont radicalement transformés.
On passe d'un jeûne souvent marqué par la détresse collective et l'attente, à un jeûne centré sur la relation intime avec Dieu et la joie du salut.
Les grandes différences de sens et de pratique
1. L'état d'esprit
Dans l'Ancien Testament : Le deuil et la tristesse. On jeûne pour pleurer un péché, une catastrophe ou pour supplier Dieu d'intervenir.
Dans le Nouveau Testament : La discrétion et la joie intérieure. Le chrétien jeûne dans le secret, sans afficher sa piété, tourné vers la présence de Dieu.
2. La dimension
Dans l'Ancien Testament : Souvent communautaire et public. Le roi ou le prophète proclame un jeûne pour toute la nation en temps de crise.
Dans le Nouveau Testament : Essentiellement personnelle et intime. C'est un acte de dévotion privé, même s'il existe des moments d'Église (comme le Carême).
3. L'objectif
Dans l'Ancien Testament : Fléchir la colère de Dieu ou obtenir sa délivrance face à un ennemi ou un jugement.
Dans le Nouveau Testament : Se détacher des besoins matériels pour se rendre disponible à l'Esprit Saint et fortifier sa foi.
La révolution apportée par le Nouveau Testament
Dans les Évangiles, Jésus ne supprime pas le jeûne — il le pratique lui-même pendant 40 jours au désert — mais il en redéfinit totalement les règles autour de deux grands axes :
1 La fin du jeûne « d'exposition » (Le secret)
À l'époque de Jésus, certains groupes religieux (comme les Pharisiens) jeûnaient de manière très visible pour montrer leur piété. Jésus s'oppose fermement à cette attitude hypocrite :
« Quand vous jeûnez, ne prenez pas un air triste, comme les hypocrites, qui se rendent le visage tout défait pour montrer aux hommes qu'ils jeûnent. [...] Mais quand tu jeûnes, parfume ta tête et lave ton visage, afin de ne pas montrer ton jeûne aux hommes, mais à ton Père qui est là dans le lieu secret. » (Matthieu 6, 16-18)
2 Le jeûne de l'attente vs la joie de la présence
Dans un passage célèbre, on demande à Jésus pourquoi ses disciples ne jeûnent pas, contrairement à ceux de Jean-Baptiste. Sa réponse est fondamentale :
« Les compagnons de l'époux peuvent-ils mener deuil pendant que l'époux est avec eux ? Les jours viendront où l'époux leur sera enlevé, et alors ils jeûneront. » (Matthieu 9, 15)
- Le sens : Dans l'Ancien Testament, le peuple jeûnait dans l'attente du Messie (l'Époux). Mais puisque Jésus est présent, le temps est à la fête et à la joie, pas au deuil. Le jeûne chrétien ne reprendra qu'après son départ, non plus pour pleurer, mais pour espérer son retour et rester vigilant.
En résumé : du rituel extérieur à la transformation du cœur
Si l'Ancien Testament se focalisait sur un rituel visible d'humiliation (sacs, cendres, pleurs) pour obtenir la faveur de Dieu, le Nouveau Testament intériorise la démarche. Le jeûne devient une discipline spirituelle volontaire, une manière de dire que l'homme ne vit pas seulement de pain, mais de la parole de Dieu, en parfaite cohérence avec les premières critiques qu'exprimaient déjà les prophètes comme Ésaïe.
40 jours sans boire ni manger, biologiquement, c'est impossible pour le corps humain sans une intervention divine ou une préparation spirituelle et médicale extrême (dans la Bible, le cas de Moïse ou de Jésus reste exceptionnel et surnaturel).
Aujourd'hui, quand on parle de "jeûne et prière" dans l'Église, personne ne te demande de faire 40 jours à l'eau sèche ! Heureusement d'ailleurs.
Alors, quel est l'intérêt spirituel si le but n'est pas de faire un régime ? Pourquoi associer le jeûne à la prière ?
Voici les clés pour comprendre :
1 Faire taire le corps pour entendre l'Esprit
Le jeûne n'est pas une punition, c'est un déplacement d'énergie. Quand tu manges, ton corps dépense beaucoup d'énergie pour digérer. Quand tu as faim, ton corps crie. Jeûner, c'est dire à ton corps : "Aujourd'hui, ce n'est pas toi qui commandes, c'est mon esprit." En calmant les désirs physiques, on aiguise sa sensibilité spirituelle. On devient plus attentif à la voix de Dieu.
2 Remplacer le repas par la prière (Le "Switch")
Tu l'as très bien dit : l'intérêt du jeûne, c'est de prier pendant le temps du repas.
- Si tu sautes le repas de midi juste pour ne pas manger, c'est un régime.
- Si tu profites de cette heure de pause pour t'isoler, ouvrir ta Bible et prier, là, c'est un jeûne. La sensation de faim devient alors un signal de rappel : chaque fois que ton estomac crie "j'ai faim", cela te rappelle de tourner tes pensées vers Dieu et de dire "Seigneur, j'ai besoin de toi encore plus que de nourriture".
3 Une démonstration de dépendance totale
Dans notre société, on clique sur un bouton et on a à manger. On est très indépendants. Le jeûne nous rappelle notre vulnérabilité. C'est une posture d'humilité devant Dieu où l'on déclare : "Ma vraie nourriture, celle qui me fait vivre éternellement, c'est Ta parole." (C'est exactement ce que Jésus répond au diable après ses 40 jours de jeûne : L'homme ne vivra pas de pain seulement...).
4 Briser des blocages spirituels
Dans les Évangiles, les disciples n'arrivent pas à chasser un démon et Jésus leur explique que « ce genre de démon ne sort que par la prière et par le jeûne » (Matthieu 17:21). Le jeûne donne une force d'impact supplémentaire à la prière. Ce n'est pas pour "fléchir le bras de Dieu" ou le forcer à obéir, mais cela aligne notre foi et brise nos propres résistances intérieures.
Comment s'y prendre pratiquement (sans danger) ?
Il ne faut surtout pas viser les 40 jours ! La Bible montre différentes formes de jeûne :
§ Le jeûne d'un repas : Tu sautes le midi pour prier. C'est idéal pour commencer.
§ Le jeûne d'un jour : Du lever au coucher du soleil (en buvant de l'eau).
§ Le jeûne de Daniel : Ne supprimer que la "nourriture agréable" (viande, sucre, café, alcool) et ne manger que des légumes et de l'eau pendant une période.
L'important, ce n'est pas la performance, c'est le cœur que tu y mets. C'est un rendez-vous intime entre toi et Dieu.
Voici les principales références bibliques classées selon les différents types de jeûnes que l'on trouve dans les Écritures.
1 Le jeûne partiel (ou "Jeûne de Daniel")
Il s'agit de se priver de certains aliments délicats, de viande ou de vin, plutôt que de cesser complètement de manger.
§ Daniel 10:2-3 : « En ce temps-là, moi, Daniel, je fus trois semaines dans le deuil. Je ne mangeais aucun mets délicat, il n'entra ni viande ni vin dans ma bouche... »
§ Daniel 1:12 : « Éprouve tes serviteurs pendant dix jours, et qu'on nous donne des légumes à manger et de l'eau à boire. »
2 Le jeûne normal (Total en nourriture, mais avec de l'eau)
C'est le jeûne le plus courant : on s'abstient de toute nourriture solide, mais on continue de boire de l'eau pour hydrater le corps.
§ Luc 4:1-2 (Le jeûne de Jésus) : « Jésus, rempli du Saint-Esprit, revint du Jourdain, et il fut conduit par l'Esprit dans le désert, où il fut tenté par le diable pendant quarante jours. Il ne mangea rien durant ces jours-là... » (Le texte précise qu'il eut faim, mais pas soif, ce qui indique qu'il buvait probablement).
§ Matthieu 6:16 : « Lorsque vous jeûnez, ne prenez pas un air triste... » (Jésus prend pour acquis que ses disciples pratiqueront ce jeûne régulier).
3 Le jeûne absolu (Sans nourriture ni eau)
C'est un jeûne radical, généralement de très courte durée (maximum 3 jours) dans des situations de crise extrême, sauf cas surnaturel (comme Moïse). Attention : médicalement, au-delà de 3 jours sans eau, le corps est en grand danger.
§ Esther 4:16 (Face à un péril de mort) : « Va, rassemble tous les Juifs qui se trouvent à Suse, et jeûnez pour moi, sans manger ni boire pendant trois jours, ni la nuit ni le jour. »
§ Actes 9:9 (La conversion de Paul) : « Il resta trois jours sans voir, et il ne mangea ni ne but. »
§ Exode 34:28 (Le cas surnaturel de Moïse) : « Moïse fut là avec l'Éternel quarante jours et quarante nuits. Il ne mangea point de pain, et il ne but point d'eau. »
4 Le jeûne communautaire / National
Ce jeûne est proclamé pour un groupe, une église ou toute une nation afin de demander la grâce de Dieu face à une direction à prendre ou un danger.
§ Actes 13:2-3 (L'Église primitive) : « Pendant qu'ils servaient le Seigneur dans leur ministère et qu'ils jeûnaient, le Saint-Esprit dit : Mettez-moi à part Barnabas et Saul... Et après avoir jeûné et prié, ils leur imposèrent les mains et les laissèrent partir. »
§ Néhémie 9:1 : « Le vingt-quatrième jour du même mois, les enfants d'Israël s'assemblèrent, revêtus de sacs et couverts de poussière, pour célébrer un jeûne. »
§ Jonas 3:5 (La repentance de Ninive) : « Les gens de Ninive crurent à Dieu, ils publièrent un jeûne, et se revêtirent de sacs... »
 
Le conseil du "vrai" jeûne selon Dieu
Ésaïe 58:6-7. C'est le texte de référence de l'Ancien Testament où Dieu explique que le jeûne physique ne vaut rien si le comportement chrétien ne suit pas :
« Voici le jeûne auquel je prends plaisir : détache les chaînes de la méchanceté, dénoue les liens de la servitude, renvoie libres les opprimés, et que l'on rompe toute espèce de joug ; partage ton pain avec celui qui a faim, et fais entrer dans ta maison les malheureux sans abri ; si tu vois un homme nu, couvre-le, et ne te détourne pas de ton semblable. »
Sommes-nous obligés de pratiquer le jeune et la prière? Ou est-ce juste une proposition, une supposition et que chacun fait selon son cœur et selon ses propres convictions?
Il n'y a pas d'obligation légaliste (tu ne seras pas privé de salut si tu ne le fais pas), mais il y a une forte attente spirituelle. La Bible ne présente pas le jeûne comme un commandement gravé dans la pierre avec des règles fixes pour tous, mais plutôt comme une suite logique de la vie de foi.
 
Regardons ce que disent exactement les textes pour t'aider à te faire une conviction.
 1 Ce que Jésus a dit : « Quand vous jeûnez » et non « Si vous jeûnez »
 C'est l'argument principal de ceux qui y voient une forme d'institution chrétienne. Dans le Sermon sur la montagne, Jésus donne des instructions sur trois piliers de la piété : l'aumône, la prière, et le jeûne.
§ Matthieu 6:2 : « « Lors donc que tu fais l'aumône, ne sonne pas de la trompette devant toi, comme font les hypocrites dans les synagogues et dans les rues, afin d'être glorifiés par les hommes. Je vous le dis en vérité, ils reçoivent leur récompense. »
§ Matthieu 6:5 : « Lorsque vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites, qui aiment à prier debout dans les synagogues et au coin des rues, pour être vus des hommes. Je vous le dis en vérité, ils reçoivent leur récompense. »
§ Matthieu 6:16 : « Lorsque vous jeûnez, ne prenez pas un air triste, comme les hypocrites, qui se rendent le visage tout défait, afin de montrer aux hommes qu'ils jeûnent. Je vous le dis en vérité, ils reçoivent leur récompense. »
Jésus ne dit pas "Si un jour l'envie vous prend de jeûner". Il prend pour acquis que, tout comme un chrétien prie et donne aux pauvres, il va aussi jeûner. C'est une discipline normale pour le disciple.
2 La prophétie de Jésus sur l'Église
Un jour, des personnes sont venues demander à Jésus pourquoi ses disciples ne jeûnaient pas, contrairement à ceux de Jean-Baptiste. Sa réponse est capitale pour nous aujourd'hui :
« Les amis de l'époux peuvent-ils s'affliger pendant que l'époux est avec eux ? Les jours viendront où l'époux leur sera enlevé, et alors ils jeûneront » — Matthieu 9:15
L'Époux, c'est Jésus. Le moment où il est "enlevé", c'est après son Ascension. Jésus dit clairement que la période dans laquelle nous vivons aujourd'hui (l'attente de son retour) est le temps où ses disciples jeûneront.
 3 Une pratique basée sur le cœur et la liberté
Si le jeûne est attendu, le Nouveau Testament refuse catégoriquement d'en faire une règle rigide ou une source de jugement entre chrétiens. L'apôtre Paul recadre fermement ceux qui veulent imposer des règles alimentaires ou des jours précis :
« Tel fait une distinction entre les jours ; tel autre les estime tous égaux. Que chacun ait en son esprit une pleine conviction. Celui qui fait cas du jour fait cas du jour pour le Seigneur... et celui qui ne mange pas, ne mange pas pour le Seigneur, et il rend grâces à Dieu. » — Romains 14:5-6
 
Cela signifie que :
§ Le calendrier est libre : Il n'y a pas de jour obligatoire (comme le vendredi ou le carême) inscrit comme une loi absolue dans le Nouveau Testament.
§ La forme est libre : Chacun fait selon sa santé, sa maturité spirituelle et ses convictions.
La nuance est là : Tu es totalement libre de choisir quand et comment tu le fais (selon ton cœur et tes convictions), mais l'éviter totalement, c'est se priver d'une arme spirituelle que Jésus lui-même nous a laissée.
Le jeûne n'est pas une taxe à payer à Dieu, c'est une invitation à chercher sa face plus intensément. C'est l'amour pour Dieu et le besoin de sa présence qui doivent pousser au jeûne, jamais la culpabilité ou la contrainte.
Voici un recensement complet des principaux passages du Nouveau Testament qui parlent du jeûne, qu'il soit mentionné seul ou directement associé à la prière.
 
1 Le jeûne et la prière associés (L'action conjointe)
Dans ces passages, le jeûne et la prière marchent main dans la main comme une discipline spirituelle complète.
§ Matthieu 17:21 / Marc 9:29 : « Mais cette sorte de démon ne sort que par la prière et par le jeûne. » (Note : Selon les manuscrits anciens, certains traducteurs gardent uniquement "la prière", mais la tradition textuelle associe souvent les deux ici pour souligner l'intensité du combat spirituel).
§ Luc 2:37 (L'exemple de d'Anne la prophétesse) : « Restée veuve, et âgée de quatre-vingt-quatre ans, elle ne quittait pas le temple, et elle servait Dieu nuit et jour dans le jeûne et dans la prière. »
§ Actes 13:3 (L'envoi en mission) : « Alors, après avoir jeûné et prié, ils leur imposèrent les mains, et les laissèrent partir. »
§ Actes 14:23 (L'établissement des responsables) : « Ils firent nommer des anciens dans chaque Église, et, après avoir prié et jeûné, ils les recommandèrent au Seigneur, en qui ils avaient cru. »
§ 1 Corinthiens 7:5 (Dans le cadre du couple) : « Ne vous privez point l'un de l'autre, si ce n'est d'un commun accord pour un temps, afin de vous vaquer au jeûne et à la prière... » (Bien que certaines versions modernes omettent le mot "jeûne" ici pour ne garder que "la prière", le texte traditionnel l'inclut comme une privation volontaire).
2 Le jeûne mentionné seul
Dans ces textes, le jeûne est l'élément central du sujet traité, même si la prière est implicitement présente en arrière-plan.
 
Dans les Évangiles (L'enseignement de Jésus)
§ Matthieu 4:2 / Luc 4:2 : « Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il [Jésus] eut faim. »
§ Matthieu 6:16 : « Lorsque vous jeûnez, ne prenez pas un air triste, comme les hypocrites... »
§ Matthieu 6:17-18 : « Mais quand tu jeûnes, parfume ta tête et lave ton visage, afin de ne pas montrer aux hommes que tu jeûnes, mais à ton Père qui est là dans le lieu secret... »
§ Matthieu 9:14 / Marc 2:18 / Luc 5:33 : « Alors les disciples de Jean vinrent auprès de Jésus, et dirent : Pourquoi nous et les pharisiens jeûnons-nous, tandis que tes disciples ne jeûnent point ? »
§ Matthieu 9:15 / Marc 2:20 / Luc 5:35 : « Jésus leur répondit : [...] Les jours viendront où l'époux leur sera enlevé, et alors ils jeûneront. »
§ Luc 18:12 (La parabole du pharisien et du publicain) : « Je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tous mes revenus. » (Ici, pour dénoncer le jeûne teinté d'orgueil).
 
Dans les Actes et les Épîtres (La vie de l'Église)
§ Actes 9:9 (La conversion de Paul) : « Il resta trois jours sans voir, et il ne mangea ni ne but. »
§ Actes 13:2 : « Pendant qu'ils servaient le Seigneur dans leur ministère et qu'ils jeûnaient, le Saint-Esprit dit : Mettez-moi à part Barnabas et Saul... »
§ 2 Corinthiens 6:5 (Les souffrances de Paul pour l'Évangile) : « ...sous les coups, dans les prisons, dans les séditions, dans les travaux, dans les veilles, dans les jeûnes. »
§ 2 Corinthiens 11:27 : « J'ai été dans le travail et dans la peine, exposé à de nombreuses veilles, à la faim et à la soif, à des jeûnes multipliés, au froid et à la nudité. »
3 Mentions culturelles ou contextuelles du jeûne
Pour être tout à fait complet, voici deux mentions où le mot "jeûne" apparaît pour désigner une réalité de l'époque ou une situation physique.
§ Actes 27:9 (Une référence au calendrier juif - Le Jour des Expiations) : « Un temps considérable s'était écoulé, et la navigation devenait dangereuse, car l'époque même du jeûne était déjà passée. »
§ Matthieu 15:32 / Marc 8:3 : « Jésus, ayant appelé ses disciples, dit : Je sais compassion de cette foule... et je ne veux pas les renvoyer à jeun, de peur que les forces ne leur manquent en chemin. » (Ici, le mot "à jeun" exprime simplement la faim physique de la foule qui écoute Jésus depuis trois jours).
 

Le modèle : Jésus commence par le jeûne (Matthieu 4:2).

1 L'instruction : Jésus explique comment le faire dans le secret (Matthieu 6:16-18).

2 La promesse : Jésus annonce que son Église jeûnera après son départ (Matthieu 9:15).

3 La pratique : L'Église primitive l'utilise pour prendre des décisions majeures et envoyer des missionnaires (Actes 13:3, 14:23).

 

Alors que la majorité des religions utilisent le jeûne comme une loi collective obligatoire pour rythmer l'année, la foi chrétienne (selon le Nouveau Testament) le propose comme une démarche d'amour spontanée, où c'est l'Esprit Saint qui te pousse à jeûner, et non un calendrier imposé.

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